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mardi

Raciste, crétin ou les deux ?

Mon post d'hier sur la fausse polémique du sapin de Noël de la Grand Place de Bruxelles a suscité pas mal de réactions et j'imagine qu'il en suscitera encore, puisque 24 heures après sa publication, il a déjà été lu plus de 6.000 fois.

Parmi les réactions, je m'étonne de trouver des lecteurs pour s'offusquer de l'utilisation que je fais des termes "raciste" et  "crétin", un peu forts à leur goût. Pour mémoire, le premier visait ces gens qui ont détourné une (fausse) information (l'idée selon laquelle le sapin de Noël de la Grand Place aurait été supprimé pour ne pas heurter la communauté musulmane) pour se répandre en messages haineux sur les réseaux sociaux. Le second s'adressait à ceux qui ont relayé sans même en vérifier la teneur une information totalement erronée.

Pour mieux illustrer mon propos, j'ai donc rapidement compilé quelques exemples de ces réactions émises par ceux que je juge crétins et/ou racistes, histoire que tout le monde comprenne la démesure qu'a prise cette mauvaise farce de Noël. Avant de parcourir ensemble ces perles rares, quelques remarques préliminaires s'imposent :

- Toutes ces captures d'écran proviennent de pages publiques, soit via les commentaires laissés sous le lien directement partagé sur un mur Facebook ouvert, soit sur le site de SudPresse. Il est étonnant de constater que tant de personnes laissent à visage découvert des messages aussi haineux.

- Je suis également très surpris de voir que, contrairement à d'autres sites d'information, SudPresse ne modère pas les commentaires sous ses articles. Comme nous allons le voir, certains messages sont tellement violents qu'ils enfreignent la loi.

- Non pas par respect pour leurs auteurs mais bien par respect pour leurs familles, j'ai volontairement caché tous les noms apparaissant dans ces tristes commentaires. La loi ne m'y oblige pas puisque ceux-ci ont été volontairement laissés publics par leurs auteurs.

(il suffit de cliquer sur les images pour les afficher en taille réelle)

Dans la catégorie des crétins, commençons par ces propos laissés sur Facebook en commentaire d'un lien vers mon article. L'incrédule n'en croira rien tant que... le gouvernement n'aura pas démenti. Ce que le gouvernement vient faire dans cette histoire, il faudra qu'on me l'explique. Et pourquoi pas des excuses officielles de Mohammed VI tant qu'on y est ?

(Mise à jour 14/11/2012 8h59 : Hormis la première capture d'écran, toutes les autres proviennent du site internet de SudPresse.) 

L'exemple suivant combine la crétinerie et le racisme : le Marché de Noël existe toujours, notre pays est officiellement laïc et personne ne s'est plaint de l'ancien sapin, en tout cas par pour des motifs religieux.


Dans le genre raciste crétin, celui-ci n'est pas mal : non seulement il confond musulmans et arabes, mais il n'est même pas capable d'écrire "arabe" correctement.



On continue avec ceux qui déplorent que les musulmans nous gouvernent (sic) et en appellent à la défense de notre culture... tout en démontrant au passage l'immensité de la leur en se trompant sur la date de notre fête nationale. Le Belge de souche peut-il aussi suivre un parcours d'intégration?


Je propose qu'on poursuive dans la surenchère raciste et crétine. Ici, il n'est même plus question de musulmans, mais bien d'islamistes (ou plus loin d'islamiques - sic) qui "un jour finiront par voiler nos femmes".


On accordera un demi point Godwin au commentateur suivant pour son rapprochement plus que culotté avec les commémorations du 11 novembre, non sans relever au passage son appel à prendre les armes. Incitation à la haine et à la violence. C'est punissable, au même titre que les actes de Fouad Belkacem.

 
La crétinerie, c'est aussi lancer des insinuations à demi voilées (pardonnez le jeu de mots) et refuser l'argumentation derrière des formulations livrées clé sur porte.


Celui-ci propose non seulement de boycotter le Marché de Noël, mais aussi les commerces du quartier. Pourquoi ? Je ne suis pas sûr d'avoir compris la logique.



Enfin, accordons la palme à ce commentaire qui transpire le racisme par tous les pores et qui constitue, comme d'autres déjà mentionnés plus haut, une infraction aux lois de ce pays.


Pourquoi ce florilège de captures d'écran plus odieuses les unes que les autres ? Simplement pour soutenir mes propos par des exemples concrets. De la simple annonce du remplacement d'un sapin de Noël par une sculpture lumineuse, nous sommes passés en quelques heures à une déferlante de messages de désinformation, de haine à l'adresse d'une communauté qui n'est nullement liée à cette décision, et pires... d'appels à la violence. Tout ça sur la base d'une rumeur infondée et d'interprétations erronées. L'immédiateté des réseaux sociaux amplifierait-elle les phénomènes tels que celui de la Rumeur d'Orléans ? Voilà de quoi faire réfléchir les sociologues des nouveaux médias.

Malgré les démentis, les explications et les mises au point, aujourd'hui plusieurs groupes sur Facebook appellent au boycott de Plaisirs d'Hiver ou à manifester pour le retour d'un "vrai" sapin sur la Grand Place de Bruxelles. Et comme rien n'est jamais laissé au hasard, la manifestation est organisée par une dissidence de l'ancien Front National. Parti qui a été condamné pour racisme. CQFD.

Laissons le mot de la fin à Edgar Morin, qui explique à travers le cas de la Rumeur d'Orléans (1969) la problématique de la propagation de rumeurs qui visent une communauté religieuse.




lundi

Le sapin chrétien, le lapin crétin et la rumeur d’Orléans



Comme beaucoup de monde, j’ai été frappé par l’avalanche de bassesses racistes qui a inondé les réseaux sociaux ce week-end, à partir d’une rumeur d’autant plus stupide qu’aucun de ses relayeurs n’avait pris la peine d’en vérifier la véracité : le fameux scandale du sapin de Noël de la Grand Place de Bruxelles.

Tout est parti d’un article citant la réaction de la conseillère communale démocrate-chrétienne Bianca Debaets, suite à l’annonce faite par la ville de Bruxelles de remplacer le traditionnel sapin de Noël de la Grand Place par une « sculpture de lumière ». Celle-ci avait fait part de ses suspicions : le sapin de Noël aurait été selon elle supprimé à cause de ses « références religieuses », à l’instar du marché de Noël qui avait déjà été rebaptisé « Plaisirs d’Hiver ».

Immédiatement, l’article a été abondamment commenté sur les réseaux sociaux, à coups de « On n’est plus chez nous », « Qu’ils rentrent chez eux », « C’est à eux de s’adapter, pas à nous » qui visaient systématiquement la même communauté : les Musulmans, responsables de ce crime de lèse majesté sur la personne du pinède le plus célèbre de la capitale, sans même en avoir jamais exprimé la demande.

Pourtant, quelques simples vérifications auraient évité aux racistes version 2.0 de se couvrir (une nouvelle fois) de ridicule.

Primo, le sapin n’est aucunement une référence chrétienne. Il s’agit d’une tradition païenne, associée à la fête de Noël. Difficile d’en trouver la moindre trace dans la Bible.

Secundo, le sapin est remplacé par une sculpture en forme de… sapin. En termes d’attaque dirigée contre un symbole, on a déjà fait mieux. Un peu comme si les Talibans avaient remplacé les Buddhas de Bamyian par une sculpture en forme de Buddha. Par ailleurs, la crèche de Noël de la Grand Place, véritable symbole chrétien, est pour sa part maintenue, sans que la moindre communauté non-chrétienne ne semble s’en émouvoir.

Tertio, un simple clic sur le site web de Plaisirs d’Hiver aurait permis de comprendre que cette appellation n’a nullement remplacé le Marché de Noël. Celui-ci est d’ailleurs mis en évidence dès la page d’accueil du site. « Plaisirs d’Hiver » est le nom commun attribué à toutes les activités bruxelloises organisées dans le cadre des fêtes de fin d’année : le Marché de Noël, mais aussi la patinoire, les expos, etc. L’honneur chrétien est donc sauf : on pourra toujours se caresser le chapelet en se goinfrant de tartiflette.

Toute cette déferlante de réactions indignées, mais complètement infondées, me rappelle un cas d’école que j’avais étudié sur les bancs de l’université : la Rumeur d’Orléans, à laquelle le sociologue Edgar Morin a consacré un livre entier. En 1969, une rumeur s’empara de la ville d’Orléans : des jeunes filles seraient enlevées dans les cabines d’essayage de plusieurs magasins de la ville, pour être ensuite exploitées dans des réseaux de prostitution. La rumeur a rapidement gagné la ville et a été largement commentée dans les journaux. Pourtant, aucun cas de disparition n’avait été signalé à la police locale, puisque tout était faux. Comment dès lors expliquer la rumeur ? Le sociologue Edgar Morin y voit le symptôme d’une société en plein changement qui avait besoin d’un bouc émissaire. Car, détail croustillant de la rumeur d’Orléans, les commerçants visés par cette vendetta populaire avaient un point commun : ils étaient tous Juifs. L’affaire de la rumeur d’Orléans démontre donc par l’absurde comment, inconsciemment, la société française post-mai 68 s’est imprégnée d’un certain antisémitisme pour se détourner des défis qui l’attendaient.

L’analogie avec la crise que nous traversons depuis 2008 est presque parfaite. Crise d’identité, crise économique, crise de valeurs, doutes et incertitudes : tous les éléments sont rassemblés pour rejeter sur l’Autre, cette construction mentale, la responsabilité de tous nos malheurs. Mais depuis 1969, un détail a changé dans le chef de l’ennemi. Ce n’est plus le Juif (les cours d’histoire semblent finalement avoir porté leurs fruits, quoi que…) mais le Musulman qui incarne la menace. Je ne lis pas beaucoup de livres de sociologie mais le hasard fait que j’ai récemment dévoré « Genèse du populisme » de Pierre Birnbaum. Sans doute avais-je anticipé la dérive raciste d’une partie de mes contacts Facebook. Dans celui-ci, cet autre sociologue français explique comment l’antisémitisme agité par l’extrême-droite au milieu du siècle dernier s’est progressivement muté en islamophobie latente. La cible a changé, mais le motif reste le même : perte de repères, crise d’identité, recherche d’un ennemi intérieur infiltré, soupçon d’un vaste complot (la charia reprenant le rôle du sionisme), etc. Pas étonnant dès lors que, sur les réseaux sociaux, je croise ça et là l’un ou l’autre excité qui n’hésite pas à sortir les sempiternels refrains du « qu’ils s’adaptent ou qu’ils rentrent chez eux », visant ainsi une communauté imaginaire, censée consolider toutes les phobies du bon Belge de souche (autre construction mentale) : la charia, le voile, l’excision, le 11 septembre, la fête du mouton, la viande halal, les mosquées, les chaussures Dockside, les trainings en peau de pêche et les casquettes blanches.

Il y a quand même un dernier détail qui m’échappe : pourquoi ceux qui combattent le voile au nom de la laïcité, défendent en même temps le sapin au nom de ses (fausses) racines chrétiennes ? Décidément, le raciste 2.0 qui s’ignore peut faire flèche de tout bois. Entre le sapin chrétien et le lapin crétin, la différence reste minime. Je fais des rimes. Et ça me déprime.

Lire l’interview d’Edgar Morin sur la Rumeur d’Orléans, quarante ans après.


Mise à jour 13/11/2012, 12h59 :

Je me permets d'ajouter en illustration ce tweet qui résume en une phrase ce que j'ai mis une heure à rédiger :





mercredi

Alterbelgo.be : le miroir linguistique

Très chouette initiative qui met la puissance des réseaux sociaux au service des échanges inter-communautaires en Belgique : le site alterbelgo.be. Celui-ci permet, en se connectant via son profil Facebook, de découvrir son "alter ego" de l'autre côté de la frontière linguistique. Pour déterminer votre "autre", l'application analyse vos pages préférées. Une fois votre voisin identifié, celui-ci est localisé sur une carte de la Belgique. Vous pouvez consulter son profil, constater les nombreux centres d'intérêts communs et il ne vous reste plus qu'à lui envoyer un petit message pour le saluer... ou à l'ignorer si vous trouvez cette application complètement inutile.

Simple, amusant, sans réel message politique, ce site prouve une nouvelle fois qu'avec quelques idées, la puissance des réseaux sociaux peut vraiment donner lieu à des applications innovantes.

Pour la petite histoire, j'ai testé l'application à deux reprises : la première fois, j'ai découvert un seul alter belgo, la seconde, j'en ai découvert deux autres. Mais à chaque fois, les centres d'intérêts étaient identiques. 

Le lien : 
www.alterbelgo.be

jeudi

Réseaux sociaux : l’échec presque garanti sauf si…

Un article de Libé a récemment attiré mon attention sur un phénomène qui divise encore les experts du web : l’échec cuisant de certains réseaux sociaux. Car si les consultants en stratégie de communication s’accordent tous pour affirmer qu’il faut être présent sur les facebook, twitter et consorts, ils ne parviennent toujours pas à répondre clairement à la question : « Ok, mais pour y faire quoi ? » Dialoguer, pardi ! Les entreprises commerciales disposent ainsi d’un espace d’échange direct avec les consommateurs, les partis politiques peuvent créer une dynamique participative avec les électeurs, les ONG peuvent interroger (et interpeler) directement les citoyens.

En théorie, le rêve de tout communicant : toucher la cible sans devoir passer par les intermédiaires (presse, insertions publicitaires, sponsoring d’événements, etc.) Oui, mais…

Oui mais les réseaux sociaux, malgré leur immense potentiel, bouleversent littéralement le rapport classique entre l’émetteur (l’entreprise, le parti politique, l’ONG) et le récepteur (le consommateur, l’électeur, le citoyen). Nous ne nous situons plus dans une logique d’un message unilatéral, mais bien, comme son nom l’indique, d’une structure en réseau au sein de laquelle chaque participant devient à la fois récepteur et émetteur. Dialoguer avec les consommateurs sur facebook ne se limite pas à les bombarder de messages publicitaires, il s’agit aussi d’écouter leurs commentaires et, surtout, de pouvoir y répondre de manière constructive (et rapide).

Voilà peut-être un élément qui explique pourquoi de nombreuses initiatives de « réseaux sociaux » se plantent royalement : dialoguer intelligemment ne s’improvise pas et implique une remise en question profonde de notre manière de concevoir nos métiers de communicants. C’est ce que confirme d’ailleurs une récente étude allemande sur le sujet : 81% des responsables marketing interrogés (dans 12 pays européens) avouent ne pas avoir adopté de stratégie particulière pour gérer leur présence sur les réseaux sociaux.
Je le dis et je le répète : dialoguer ne s’improvise pas. C’est une véritable révolution qui exige de se démarquer d’un siècle de pratiques publicitaires.

Faites-le savoir !

Je me permets également de rebondir sur plusieurs points soulevés par le blogueur Christophe Ginisty à propos de l’échec des Créateurs de Possibles, le réseau social de l’UMP.


D’une part, l’absence de « rabattage ». C’est de nouveau une erreur stratégique : une présence sur les réseaux sociaux doit être soutenue par une stratégie multicanaux : emails, bannering, etc. Je le constate moi-même au quotidien sur mes différents blogs : des relances régulières via des emails ciblés ou des liens publiés sur des forums spécialisés amènent systématiquement des pics de fréquentation, mais aussi de nouveaux abonnés (qui restent fidèles). Il n’est donc pas inutile de relancer régulièrement une piqure de rappel sur un public bien ciblé.

D’autre part, et c’est mon avis personnel, l’expérience m’a appris que la meilleure manière d’inciter une communauté (fans d’une page facebook, abonnés à un blog, etc.) à sortir de son inertie, c’est de créer une « polémique argumentée ». Les contenus consensuels ou lissés n’attirent plus le commentaire (sans doute à cause de l’inflation de contenus). Par contre, un bon pavé dans la mare déclenchera une vague de réactions en chaînes. D’où l’intérêt de lancer innocemment une petite bombe, tout l’art de l’exercice consistant à avoir au préalable scénarisé les possibles réactions et préparé un argumentaire ad hoc. Si je me base sur mon expérience personnelle, une banque qui applique des tarifs plancher pourrait ouvrir le débat sur le thème de « Tous les banquiers sont des voleurs », scruter attentivement les réactions de la communauté et déballer ses arguments marketing à chaque commentaire qui la remettrait en cause. Facile à dire, pas forcément évident à appliquer au jour le jour. Mais encore une fois : c’est la polémique (toute maîtrisée et calculée soit-elle) qui ouvre le débat, pas le consensus.

Un petit exemple

Un bon exemple pour illustrer cette tendance : début décembre, quelques « amis » de facebook ont cru bon d’afficher comme statut un message indigné comparant le prix que coûte un réfugié à la collectivité avec nos milliers de sans-abris et pensionnés qui croulent sous le seuil de la pauvreté. Ces propos sans aucune nuance (et que je trouve personnellement d’une stupidité abyssale) ont amené le blogueur Antoine Nélisse à publier un long argumentaire remettant en perspective la situation des réfugiés, tordant ainsi le cou à de nombreux canards et rappelant que la comparaison entre réfugiés et pensionnés n’avait aucun sens. Le lien a rapidement circulé sur la toile, s’est retrouvé placardé sur les murs des facebookers indignés par l’attaque frontale du titre volontairement provocateur choisi par Antoine Nélisse : « Vous avez raison. Laissez-les crever. »

Résultat : en 2 semaines, ce post a été vu plus de 15.000 fois (contre une moyenne qui oscille entre 150 et 300 vues pour les autres messages de ce blog) et a suscité environ 300 commentaires (contre 10 maximum pour les autres messages). Un véritable débat s’est ouvert où chacun a pu défendre ses opinions, étudier (parfois) les contre-arguments, avancer des statistiques (ou des contre-vérités), voire carrément s’engueuler violemment. Et qui a permis à son auteur de répondre patiemment (malgré quelques attaques personnelles) aux nombreux lecteurs qui empruntaient des raccourcis parfois un peu trop faciles. Avec un titre plus lisse et un propos moins offensif (ici, il s'adressait directement - mais poliment - à des centaines de personnes qui avaient publié le même statut sur facebook), le même article aurait sans doute attiré 10 fois moins de visites. 

Cet exemple, a priori anodin, illustre bien ce que je voulais démontrer au niveau des organisations : dialoguer sur les réseaux sociaux demande un minimum d’audace, de maîtrise, de préparation et surtout, beaucoup de ressources.

Conclusion
Avant d’inscrire votre organisation sur les réseaux sociaux, pensez à suivre les étapes suivantes :

1. Adoptez une stratégie de communication spécifique, avec des objectifs à atteindre clairement identifiés. Interrogez-vous sur les bénéfices que votre organisation pourrait tirer d’une présence sur les réseaux sociaux. Formez (ou engagez) des spécialistes capables de communiquer, mais aussi d’écouter et réagir en conséquence. Oubliez les règles classiques de la communication. Plus qu’un message à transmettre, votre stratégie consistera aussi à récolter des informations sur les attentes de votre public-cible.

2. Gardez toujours à l’esprit que dans ce nouvel espace, vous n’êtes qu’un acteur du dialogue parmi d’autres. Vous n’imposerez pas votre message aussi facilement que dans les médias traditionnels. Le succès dépendra de votre capacité à vous adapter aux réactions de la communauté et des réponses que vous apporterez aux questions qu’elle soulèvera.

3. Faites-le savoir ! La communauté ne se créera pas d’elle-même. Vous devrez la rameuter à coups d’invitations et de rappels réguliers. Soyez transparents (autant que possible) sur les objectifs, les thèmes abordés. Différenciez-vous de la concurrence et n’oubliez pas que votre cible est matraquée chaque jour de nombreuses invitations du même type. Sachez marquer votre différence et attiser la curiosité de votre public.

4. Usez de la polémique argumentée. Vous ne récolterez aucune réaction sur des lieux communs. Sachez à l’avance où vous voulez aller et ne lancez aucune polémique sur laquelle la communauté pourrait vous attaquer (ou préparez à l’avance un contre-argumentaire exhaustif).

5. Arrêtez de dormir : une communauté sur le net continue de vivre après les heures de bureau. Il vous faudra donc prévoir des ressources en suffisance pour assurer une permanence 24h/24. Sur la toile, quelques heures d’inaction suffisent pour que votre image vous échappe complètement.